16/05/2026

Ne jetez pas votre vieux PC : le noyau Linux s'apprête à booster ses performances en jeu

Par admin

Ne jetez pas votre vieux PC : le noyau Linux s'apprête à booster ses performances en jeu

Sur un PC, l’ordonnanceur du système (le scheduler en anglais), c’est ce petit bout du noyau qui décide quelle tâche tourne sur quel cœur du processeur, et pendant combien de temps. Plus il est malin, plus la machine est fluide.

Peter Zijlstra, l’un des développeurs historiques du noyau Linux, vient de proposer un patch baptisé "sched: Flatten the pick" qui réorganise la façon dont l’ordonnanceur attribue les priorités. Et les résultats sur le gaming, surtout sur du vieux matériel, sont étonnants.

Pour le test, le développeur a sorti un PC d’époque : un Intel Core i7-2600K, processeur de 2011, accompagné d’une carte graphique AMD Radeon RX 580. Le tout fait tourner Shadows: Awakening, un jeu disponible sur la boutique GOG, lancé via Lutris et Proton, l’écosystème qui permet de faire tourner les jeux Windows sous Linux. Et là, surprise.

Avant le patch, le jeu pédalait à environ 4 images par seconde au minimum et 48 en moyenne. Après application, on monte à 20 images par seconde au minimum et 57 en moyenne. Le temps maximum entre deux images, l’autre indicateur clé pour la fluidité, passe de 107 millisecondes à 37. On passe d’injouable à correct. Sur une machine de 2011, c’est presque un miracle.

Le patch touche à la gestion des cgroups, des conteneurs de processus qui regroupent et hiérarchisent les tâches, sur les systèmes multi-cœurs. Plusieurs niveaux de sélection étaient empilés, et le patch les "aplatit" pour gagner en réactivité.

Les vieux processeurs ont moins de cœurs et moins de marge, donc chaque mauvaise décision de l’ordonnanceur coûte cher. Sur un processeur récent avec dix ou douze cœurs, on ne le remarque presque pas. Sur un quadri-cœur d’il y a quinze ans, ça se voit immédiatement à l’écran.

Attention quand même, on n’est pas encore au point d’être intégré dans le noyau Linux officiel. Il reste des relectures et des validations avant que le code finisse en production. C’est la version 2 du patch, donc la discussion technique a déjà bien avancé.

Pour les distributions Linux orientées jeu, qui chassent la moindre milliseconde gagnée, ce genre de patch est exactement le type d’amélioration qu’on suit de près.

Bref, si vous traînez un vieux PC qui peine, un futur noyau Linux pourrait bien lui offrir une deuxième jeunesse pour le jeu.

Source :
Itsfoss

Source : korben.info