20/04/2026

Des startups mortes revendent leurs Slack, emails et tickets Jira pour entraîner des IA

Par admin

Des startups mortes revendent leurs Slack, emails et tickets Jira pour entraîner des IA

Quand une startup ferme, ses conversations Slack, ses emails, ses tickets Jira et ses téraoctets de Google Drive ne disparaissent pas. Et maintenant, certaines les revendent.

SimpleClosure, une boîte spécialisée dans la fermeture d’entreprises, propose aux fondateurs de monétiser ce qu’elle appelle l’"exhausteur opérationnel" de leur défunte société en le vendant comme données d’entraînement pour des modèles d’IA.

C’est ce qu’a fait Shanna Johnson, l’ancienne patronne de cielo24, une entreprise de sous-titrage et transcription qui a fermé après 13 ans d’activité. Conversations internes, échanges clients, documentation technique, tout est parti dans le lot.

SimpleClosure supprime les données personnelles identifiables avant la vente, mais le contenu des échanges reste intact. En un an, la boîte a bouclé une centaine de transactions de ce type et récupéré plus d’un million de dollars pour les fondateurs concernés, avec des prix entre 10 000 et 100 000 dollars par entreprise.

SimpleClosure lance d’ailleurs Asset Hub, une plateforme dédiée où les sociétés en fermeture peuvent mettre en vente leurs dépôts de code, leurs archives Slack, leurs emails et leurs documents internes. Le marché se structure.

Le problème évident, c’est que les gens qui ont écrit ces messages ne savaient pas qu’ils finiraient dans un jeu de données d’entraînement. Marc Rotenberg, fondateur du Center for AI and Digital Policy, résume assez bien : "Les problèmes de vie privée ici sont quand même conséquents."

Un employé qui discute de son salaire, de ses problèmes personnels ou d’un conflit avec un collègue sur Slack n’a jamais donné son accord pour que ça serve à calibrer un modèle de langage.

Côté juridique, c’est complètement le flou. Les données appartiennent à l’entreprise, pas aux employés, et quand l’entreprise est en liquidation, le liquidateur ou le fondateur dispose de fait des actifs.

Du coup, dans les faits rien n’interdit aujourd’hui la revente de conversations internes anonymisées aux États-Unis, même si le RGPD en Europe pose des limites que les boîtes américaines n’ont pas.

Bref, si votre ancienne startup a coulé, vos messages Slack sont peut-être déjà dans un dataset quelque part.

Source :
TechSpot

Source : korben.info