Le petit écran caché dans le capot des Zenbook fonctionne enfin sous Linux

Si vous avez un Zenbook récent avec cet écran miniature encastré dans le couvercle, vous étiez jusqu’ici coincé sous Windows pour l’allumer. Un développeur vient de débloquer la situation.
Olivier Magnier a fait fonctionner le ZenVision d’ASUS sous Linux, en rétro-concevant de A à Z le protocole de communication que le constructeur n’avait jamais documenté publiquement.
Le ZenVision, pour situer, c’est un petit écran OLED monochrome de 3,5 pouces logé dans la coque supérieure de certains Zenbook, dont l’édition Space. Il affiche l’heure, la date, le niveau de batterie, des animations maison ou un message que vous y collez vous-même.
La définition est minuscule. 256 pixels sur 64, de quoi montrer un logo, une horloge ou un QR code, mais certainement pas une vidéo.
Le souci, c’est que tout passait par MyASUS, l’application du constructeur qui n’existe que sous Windows. Sur Linux, l’écran restait éteint alors que le matériel, lui, était bel et bien présent dans la machine.
Pour contourner ça, Magnier a ouvert le logiciel officiel d’ASUS dans Ghidra, un outil de rétro-ingénierie qui décompile un programme pour comprendre son fonctionnement interne, puis il a observé précisément quelles commandes l’application envoyait à l’écran via le port USB.
En clair, il a écouté la conversation entre l’ordinateur et la dalle pour en reconstituer le langage. Une fois ce protocole compris et documenté, le plus dur était fait.
Du coup, il a écrit un pilote (le bout de logiciel qui fait le lien entre le système et le matériel) en Python,
publié sous licence MIT
, donc librement réutilisable et modifiable par qui veut. À côté, il propose
ZenVision-Studio
, une application pour charger ses propres animations et même des applets en direct, ces mini-programmes qui affichent des informations animées.
Et comme tout tourne en espace utilisateur, l’adoption devient bien plus simple : pas besoin de toucher au noyau Linux ni de recompiler quoi que ce soit, ça fonctionne par-dessus le système comme un programme classique.
C’est typiquement le genre de bidouille qui rend Linux vivable sur du matériel pensé pour Windows, et qui fait souvent pencher la balance entre garder un double démarrage et basculer pour de bon.
Bref, un gadget purement cosmétique, mais récupéré proprement et offert à tout le monde en open source. C’est chouette.
Source :
Phoronix
Source : korben.info