Vercel piraté via un outil IA tiers qui avait les clés du royaume

Vercel, c’est la plateforme d’hébergement web utilisée par des milliers de développeurs et d’entreprises pour déployer leurs sites et applications (c’est eux qui font Next.js, entre autres).
Un de leurs employés s’est inscrit sur Context.ai, un assistant IA pour la bureautique, en utilisant son compte professionnel Google. Au moment de l’installation, l’app a demandé l’accès à ses emails, ses fichiers, son agenda, bref tout le Google Workspace de la boîte. Il a cliqué "autoriser tout". Erreur classique.
Sauf que Context.ai s’est fait pirater en février. Un de leurs propres employés a chopé un malware (Lumma, un voleur de mots de passe) en téléchargeant des scripts de triche pour Roblox. Le genre de bêtise qui ouvre la porte à tout le reste.
L’attaquant a récupéré l’accès que Context.ai avait sur le Google Workspace de Vercel, avec des permissions très larges : emails, fichiers internes, infrastructure de déploiement.
ShinyHunters, un groupe de pirates connu, a revendiqué le coup sur un forum et mis en vente des clés d’accès, du code source, des données de bases et des clés API de Vercel.
Le PDG de Vercel estime que le nombre de clients touchés est "assez limité", sans donner de chiffres. Mais côté crypto, plusieurs projets hébergés sur la plateforme ont quand même lancé en urgence un changement de tous leurs mots de passe et clés d’accès, ce qui donne une idée de l’ambiance.
Ce qui rend cette affaire intéressante, c’est le mécanisme. Personne chez Vercel n’a été directement attaqué. C’est un outil tiers, un outil IA installé par un employé, qui a servi de pont. L’employé donne un accès large à un service externe, le service se fait pirater trois mois plus tard, et tout le contenu professionnel de l’entreprise se retrouve exposé.
C’est exactement le scénario que les experts en sécurité décrivent depuis un an quand ils parlent des outils IA qui demandent des permissions tentaculaires sur vos comptes pro.
Bref, le vrai problème n’est pas Vercel. C’est le "autoriser tout" sur un outil IA qu’un employé a installé sans se poser de questions.
Source :
SecurityWeek
Source : korben.info